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Une Boucherie Héroïque . "

Une Boucherie Héroïque . "
MORTPOURSANATIONAUXARMESCITOYENS *

#_____Une détonation assourdissante me fit sortir de mes songes. Tel un éboulement, le cri de la sirène retentit dans mes oreilles et s'effondra sur mon corps tout entier. C'était le moment. Je pris mon courage à deux mains et posai la plante de mes pieds sur le sol boueux. Un hurlement déchirant me surprit, je tournai la tête et vis à ma grande stupeur le corps ensanglanté d'un de mes compagnons. Ça avait bel et bien commencé. Je me mis à courir, mes jambes passaient l'une devant l'autre machinalement. Ma vie en dépendait, je le savais bien. Un coup de feu semblable au tonnerre des nuits froides me fit sursauter. Je me jetai à terre et roulai dans les hautes herbes. D'autres coup de feu retentirent et je ne pus retenir une larme. J'avais peur, étonnamment, horriblement, désespérément peur. Cet angoisse me tordais les entrailles, douloureusement et le plus lentement possible. Ma femme, ma fille, mes amis. Ils m'attendaient tous là bas. Chez moi. Et moi, j'étais condamné à me battre pour ces problèmes dont je n'étais même pas au courant. Ces querelles entre pays que le gouvernement ne peut pas résoudre autrement que par la violence. La peur des mots. Une bombe éclata soudainement, puis une autre. Des milliers d'explosions retentissaient. Le c½ur battant, je me levai et sortit mon arme. Un jeune homme venant de l'autre camp arriva en vitesse. J'esquivai ses balles et enclenchai ma mitraillette. Mes coups de feu le touchèrent dans le ventre, sur la poitrine, et une dizaines dans les jambes. Je m'approchai de lui, m'accroupis à sa hauteur et l'observai silencieusement. Il devait être jeune, une vingtaine d'année. Le pauvre, il avait tout sa vie devant lui. Je crachai dans l'herbe me dégoutant de mes propres crimes. Mes yeux dérivèrent vers le terrain de combat. Des milliers de personnes se battaient, des corps déchirés et ensanglantés gisaient au sol. Une jeune infirmière s'effondra et un soldat se jeta sur elle. Je vis ses larmes briller, un couple déchiré par la guerre. Mon regard dériva vers un homme qui avait l'air bien plus âgé que moi. Sa longue barbe touffue longeaient son cou pour s'arrêter au dessus de sa poitrine, son casque cachait des yeux d'un bleu terne et sa fine silhouette laissait penser qu'il ne se nourrissait point. Je l'observai quelques secondes. Quelques secondes de trop. Je vis un sourire sadique s'étirer sur ses lèvres sèches et il sortit sa mitraillette. Le temps que mon cerveau enregistre ceci, il avait déjà tiré. Mon corps tomba lourdement sur le sol, comme le jeune homme précédent. Et je sentais mon coeur qui battait la chamade, tentant peut être de me garder en vie le plus longtemps possible. Je fermai les yeux et repensai à tout ces moments de bonheur intense passés avec mes proches. Ils riaient tout le temps et savaient quoi faire pour me rendre heureux. Ils m'aimaient comme je suis, et je faisais de même. Avant la guerre, j'étais heureux. Avant la guerre tout était bien. Je sentais mon c½ur ralentir, et mon souffle se faisait saccadé. Je mourra avec comme dernière image, un champ de bataille. Des hurlements, des corps déchirés, des larmes, du sang. L'énorme détonation bruyante des bombes, armes à feu. Les suppliques déchirantes des personnes mourantes. Je songeais une dernière fois à mes frères et amis pour plonger dans un sommeil infini. D'après la planète, j'ai combattu pour la nation. Pourtant, je ne suis qu'un criminel, mais aussi un homme qui ne souhaitait que son bonheur. La guerre est une Boucherie Héroïque d'après Voltaire. Il a bien raison ...

CHERCITOYENSVAMOURIRPOURTONPAYSALLEEZ *

# Posté le samedi 12 avril 2008 12:43

Modifié le mercredi 16 avril 2008 14:21

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